HOVASSE Jean-Marc

Littérature française | 法国文学

 Résumé | 内容提要

 

Autour de Notre-Dame de Paris de Victor Hugo |

 

À partir de Notre-Dame de Paris, le monument qui a brûlé l’an dernier, et du roman auquel il a donné son nom, l’objectif de ces trois cours sera de reconsidérer les liens entre l’architecture et la littérature dans la vie et l’œuvre de Victor Hugo.

 

Victor Hugo et la défense du patrimoine

On connaît les grands combats de Victor Hugo, mais on ignore souvent que le premier de tous, le plus ancien, donc, et sans doute aussi le plus long, concerne la défense des monuments anciens. Il a commencé bien avant l’écriture de Notre-Dame de Paris, dans les années 1820, avec la publication en 1824 de l’ode intitulée « La Bande noire », et a continué bien au-delà du roman. Mais le texte le plus emblématique de ce combat paraît en 1831, comme Notre-Dame de Paris, pour sa première partie, l’année suivante pour la seconde  ; il s’agit d’un article incisif, vif comme une satire, que la postérité a retenu sous son titre définitif de « Guerre aux démolisseurs ! ». Dans les années qui ont suivi, Victor Hugo a continué le combat en politique, ou du moins au sein d’institutions officielles comme le Comité des arts et monuments.

Histoire de Notre-Dame de Paris

Pour essayer de comprendre ce roman aussi populaire que complexe, il importe de se pencher sur sa genèse. Pourquoi et comment Victor Hugo écrit-il Notre-Dame de Paris ? Comment ce roman s’inscrit-il dans le mouvement de défense du patrimoine ? Est-il vrai qu’il a sauvé la cathédrale d’une destruction programmée ? Comment a-t-il été reçu ? Comment interpréter l’histoire passablement complexe de sa publication, de ses éditions, de ses illustrations, de ses adaptations ? C’est à ces questions, et à quelques autres, que nous essaierons de répondre lors de cette deuxième conférence.

« Notre-Dame à Paris, le Palais d’Été en Orient »

« Notre-Dame à Paris, le Palais d’Été en Orient » : il s’agit d’une citation de la fameuse lettre de Victor Hugo « Au Capitaine Butler », datée du 25 novembre 1861, écrite en guise de protestation contre le sac du Palais d’Été perpétré par les armées anglo-françaises en octobre 1860. Cette lettre est bien connue, ce qui n’empêche pas qu’elle conserve sa part de mystère. Mais il s’agira surtout ici, grâce à cette citation, de la replacer dans la longue histoire des combats de Victor Hugo pour la sauvegarde du patrimoine, qui traverse tout le XIXe siècle, et s’étend comme on le voit au monde entier. Ce sera aussi l’occasion d’évoquer ses liens avec la Chine dans cette décennie, grâce à la jeune Judith Gautier, fille de Théophile Gautier, figure centrale de ce premier transfert culturel et poétique.